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Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /Avr /2007 20:56

 Kuroda Tetsuzan est un des maîtres d’arts martiaux les plus connus du Japon. En 1970 il devient à vingt ans le plus jeune pratiquant de l’histoire à recevoir le titre de Hanshi Hachidan (8ème dan) de Kobudo du Daï Nippon Butokukaï. Auteur de nombreux livres et vidéos il fait régulièrement la une des magazines spécialisés et écrit une chronique mensuelle dans la revue la plus réputée et diffusée sur les arts martiaux traditionnels au Japon, Hiden Budo Bujutsu. Découvrons son école, le Shinbukan.

 

Kuroda Tetsuzan pratiquant le iaïjutsu

 


 

L'article complet a été déplacé ici.

 

Par Léo Tamaki - Publié dans : Budo
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Vendredi 8 septembre 2006 5 08 /09 /Sep /2006 15:22

    Aujourd’hui les arts martiaux et sports de combats sont pratiqués à travers le monde. Mais que différencie ces pratiques aux noms exotiques ?

    Les arts de combats sont souvent classés selon le type de technique dominant dans la discipline, les projections pour le Judo, les coups frappés pour le Karaté, etc… Mais cela est surtout valable pour les arts modernes qui se sont spécialisés, les disciplines anciennes ayant généralement eu un éventail technique beaucoup plus large. La différence essentielle tient au but de ces pratiques. Je prendrai ici l’exemple des pratiques martiales japonaises dont les différences sont assez explicites. Je simplifierai en divisant ces disciplines en trois catégories, les Bujutsu, les Budo et les Kakutogi.

    Historiquement les premiers à avoir fait leur apparition sont les Bujutsu. La traduction littérale de Bujutsu est « technique martiale ». Les Bujutsu recouvrent l’ensemble des anciens ryu japonais, les écoles martiales traditionnelles. La création des principaux ryu s’étale sur plusieurs siècles et certains remonteraient aussi loin que le 6ème siècle. Les ryu possédant les plus anciennes traces écrites de leur existence remontent déja au 15ème siècle.


Iaijutsu

    Les Bujutsu furent donc systématisés à des époques où les combats à mort étaient soit fréquents soit possibles. Ils ont eu pour but primordial l’efficacité en combat de survie, que ce soit sur un champ de bataille, dans une embuscade ou lors d’un duel. De fait leurs techniques sont centrées sur une efficacité impitoyable car la vie de leurs adeptes en dépendaient. Les Bujutsu devaient permettre à leurs pratiquants de survivre à une confrontation même en infériorité numérique, blessés et désarmés.

    Les Budo sont apparues entre la fin du 19ème siècle et le milieu du 20ème. Ils sont souvent les descendants directs des Bujutsu, le Jujutsu ayant donné naissance au Judo, le Kenjutsu au Kendo, le Iaijutsu au Iaido, etc… La tradition littérale de Budo est « voie martiale ». Leur but est l’éducation du corps et de l’esprit à travers des techniques martiales. Le but fondamental n’étant plus le combat de survie de nombreuses techniques disparurent ou furent modifiées.

Karatedo


    Les Kakutogi sont apparus à partir du milieu du 20ème siècle. Leur traduction littérale est « technique de combat ». Ils s’agit de tous les « sports » de combat. Au Japon ce terme recouvre surtout ce qu’on appelle en occident le MMA (mixed martial arts, disciplines enseignant des techniques de frappes, projections et immobilisations dans l’objectif d’une confrontation sur ring). Les techniques de Kakutogi sont destinées à des combattants se mesurant dans un cadre très précis. Combattant un contre un sur une surface limitée dans un lieu, un jour et pendant un temps déterminés les pratiquants de ces disciplines cherchent à vaincre leur adversaire sans lui infliger de blessures graves. Les techniques les plus dangereuses pour l’intégrité de leurs adversaire sont donc bannies.

Freefight


    Les trois principales catégories définies il n’est toutefois pas toujours évident de déterminer le groupe auquel appartient une discipline. Les ryus traditionnels ont généralement conservé intactes les techniques destructrices des samouraïs mais leur pratique vise à présent généralement la formation de l’homme en tant qu’être humain à travers notamment la concentration et la précision nécessaires à la pratique plus qu’à former des machines de guerre.
    Les Budo comme le Judo, le Karaté et parfois même le Kendo ont de plus en plus tendance à mettre l’accent sur la compétition en reléguant l’éducation au second plan et se confondent souvent avec les Kakutogi comme la présence de nombreux champions de Judo dans les compétitions de type Pride (plus grande compétition de combat libre au monde se déroulant au Japon) l’atteste.
    Les Kakutogi  quand à eux ont une situation plus claire bien que certains développent une pratique pour les non-compétiteurs qui s’inspire des Budo traditionnels.

    Ces classifications sont bien sûr très sommaires et Donn Draeger entre autre écrivit énormément sur ce thème. Elles peuvent toutefois apporter un éclairage sur les différentes pratiques du paysage martial actuel.

 


Par Léo Tamaki - Publié dans : Budo
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Mardi 22 août 2006 2 22 /08 /Août /2006 16:07

    Les voies martiales sont issues de traditions plusieurs fois séculaires. Intimement liées à la vie de leurs pratiquants elles ont évolué au gré de l’histoire, passant du statut de méthodes de destruction à celui de voies de réalisation. Et leurs techniques ont évoluées en même temps que leur but. Mais le plus grand changement est sans aucun doute l'état d'esprit dans lequel elles étaient pratiquées...

    Il est clair qu'à une époque où le seul garant de votre vie était votre habileté martiale, l'intensité des entraînements ne faisait aucun doute. Mais aujourd'hui où le risque d'une confrontation physique mortelle s'amenuise, les voies martiales sont de plus en plus considérées comme des loisirs. Les pratiquants viennent au dojo pour suer un peu, socialiser et se changer les idées. Et il n'y a rien de critiquable à cela. Du moment que cela est fait en connaissance de cause… Car il serait faux et même dangereux de croire que l'on peut atteindre autre chose qu'une efficacité toute relative, sans parler d'arriver à un éveil ou autre illumination en s'entraînant de cette manière.


Irimi nage


    Si l'on veut donner un sens à la pratique il est important de sortir de la "zone de confort". Etre dans la zone de confort ne signifie pas que l'on ne se fatigue pas, que l'on ne sue pas. Etre dans la zone de confort signifie que l'on ne dépasse pas ses limites, que l'on s'écoute et que l'on reste dans l'ombre d'une pratique tiède, sans risques, sans véritables difficultés et surtout sans grand intérêt...

    Le facteur physique peut sembler le plus évident mais il est loin d’être le plus important. Celui qui vient et recherche uniquement à dépasser ses limites physiques sort de la zone de confort du corps mais pas de celle de l'esprit.

    Sortir de la zone de confort demande un investissement personnel important et un effort constant. Physiquement cela implique de ne pas s'écouter lorsque la fatigue ou la douleur surviennent.

    Qui n'a jamais ressenti de fatigue si intense qu'elle vous donne la nausée? Qui n'a jamais été blessé ou ressenti une douleur lors d'un entraînement? Cela est presque inévitable dans la pratique des arts martiaux, à plus forte raison si elle est intense. Mais hormis une blessure grave il est généralement possible de surmonter la douleur et de finir l'entraînement. Il ne s'agit pas de continuer à pratiquer en aggravant une blessure mais d'arriver à trouver une manière de finir l'entraînement malgré elle.

    L'idée n'est pas de souffrir pour souffrir, simplement d'arriver à en faire abstraction si nécessaire lorsque la situation se présente. C'est une force d'esprit qui sera utile en de nombreux cas.

    Nous ne sommes plus sur des champs de bataille et il peut paraître archaïque de vouloir pratiquer ainsi. Mais il est utopique de croire que l'on peut retirer les mêmes bénéfices de la pratique que nos prédécesseurs si nos efforts ne sont pas à la hauteur des leurs.


Mae geri


    Il existe bien sûr de nombreuses autres voies, non moins efficaces sans doute qui mènent à la réalisation avec un investissement différent. Mais si l'on espère se réaliser à travers la pratique des voies martiales il faut avoir le courage de se dépasser comme l'ont fait les grands adeptes du passé.

    Sortir de la zone de confort c'est produire un effort continu. Cela veut dire aussi que la pratique ne tient pas compte de l'environnement extérieur. N'allez pas au dojo que s'il est proche de chez vous, qu'il est spacieux, agréable et qu'il fait beau!

    Les premiers pratiquants en France s'entraînaient sur de la sciure de bois recouverte d'une bâche. Et c'est encore le cas dans de nombreux pays pauvres tel Cuba. Les dojos traditionnels japonais étaient et sont encore généralement petits. Le premier dojo de maître Ueshiba à Tokyo faisait huit tatamis, moins de seize mètres carrés. Pratiquer sur des surface dures ou irrégulières et dans un espace restreint oblige à développer une attention globale, ce qui est une capacité martiale par excellence.

    Sortir de la zone de confort, ou plutôt peut-être "zone d'habitude", c'est chercher à aller toujours plus loin dans sa pratique physique mais aussi technique et spirituelle. Se remettre en question, chercher à aller au-delà des apparences.

    L’intensité ne se traduit pas uniquement par de plus grands efforts physiques mais aussi par l’attention, la posture, l’assiduité et le sérieux dans la pratique.

    De nombreux pratiquants réguliers restent enfermés dans l’image qu’ils ont de la pratique. Après avoir atteint un niveau d’habileté relatif ils cessent d’absorber ce qu’offrent les enseignants. Au dojo ou en stage ils reproduisent sans cesse leurs techniques de la même manière, regardant sans voir, installés dans leur "zone de confort" mentale.

Jo nage


    Mais jusqu'où aller? C'est évidemment une question d'appréciation personnelle mais le minimum est d'effectuer les exercices que vous demande votre enseignant car un bon professeur a généralement mieux conscience que vous de vos capacités.

    Ce n’est qu’ainsi, en augmentant graduellement mais continuellement l’intensité de ses efforts, cherchant entraînements après entraînements à aller au-delà des apparences sous la direction de son enseignant que l’on peut retirer les plus grands bénéfices de la pratique d’une Voie martiale…


 

Par Léo Tamaki - Publié dans : Budo
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Mercredi 16 août 2006 3 16 /08 /Août /2006 05:41

    Depuis près d'un siècle les arts martiaux ont connu un développement considérable dans le monde entier. Kung-fu, Taekwondo et autres sont aujourd'hui pratiqués dans la majorité des grandes agglomérations. Parmi ces disciplines, Judo, Karaté et Aïkido sont les plus répandues grâce aux stratégies volontaristes de leurs écoles dans les années 50 telles que l'envoi d'experts à l'étranger. Nous savons maintenant quel a été l'impact de ces maîtres aux quatre coins du monde, mais quel impact a eu l'exil sur leur art et leur développement personnel?

    Le Jujutsu et à sa suite le Judo ont été pratiqués hors du Japon dès la fin du 19ème siècle de manière anecdotique. C'est au début du 20ème siècle que le Judo commença réellement à se répandre dans le monde. Ayant été le premier des trois disciplines majeures à être systématisé il sera à peu près le seul à être pratiqué à l'étranger jusqu'aux années 50.


Mikinosuke Kawaishi

    Au début des années 50 le Karaté et l'Aïkido disposent alors eux aussi d'un groupe solidement établi au Japon. Dès qu'ils furent autorisés à quitter l'archipel des experts de Judo retournérent aux quatre coins du monde, rapidement suivis par les premiers experts d'Aïkido et de Karaté.

    La plupart de ces maîtres aujourd'hui mondialement connus ont été envoyés par leurs organisations afin de développer leur discipline à l'étranger. Ils étaient passés par des entraînements extrèmement intenses et partaient pleins de vigueur et d'enthousiasme. Leur liste est longue mais citons parmi tant d'autres Mikinosuke Kawaishi, Shozo Awazu et Ishiro Abe en Judo, Hirokazu Kanazawa, Taiji Kase et Hidetaka Nishiyama en Karaté, et Koichi Tohei, Nobuyoshi Tamura et Yoshimitsu Yamada en Aïkido.

    Porteurs des espoirs de leurs organisations, ces jeunes senseïs entreprirent de diffuser leur pratique. Parlant souvent peu ou pas du tout la langue du pays où ils s'installèrent, ils rencontrèrent souvent de grandes difficultés. Mais le développement actuel de leurs disciplines montre qu'ils les surmontèrent admirablement.


Hirokazu Kanazawa

    Et si aujourd'hui les disciplines comme le Taekwondo ou le Kung-fu connaissent aussi un rapide développement c'est en adoptant souvent la même politique volontariste que leurs prédecesseurs japonais à l'étranger.

    Mais les maîtres que sont devenus les jeunes senseïs de l'époque héroïque sont-ils différents de leurs collègues restés au Japon? En quoi leur exil les a-t-il marqués, et en quoi cela a-t-il eu un impact sur leur pratique…

    S'il est bien évident que l'enseignement des arts martiaux n'est jamais une tâche aisée, il est clair que le fait d'être chez soi facilite les choses. Les jeunes professeurs restés au Japon qui faisaient partie des grandes organisations qui avaient envoyé des experts à l'étranger furent placés à la tête de dojos, de sections universitaires ou d'entreprises. De plus le systême japonais sempaï/kohaï impliquant le respect envers les aînés ils furent en général à l'abri de l'agressivité des jeunes même si cela n'empêchait pas les entraînements "physiques".


Nobuyoshi Tamura

    Les senseïs partis à l'étranger se retrouvèrent eux dans une situation totalement différente. Arrivant dans des pays qu'ils ne connaissaient pas ils se retrouvèrent confrontés à des cultures différentes. Considérant le prix des transports à cette époque ils ne pouvaient rentrer dans leur pays durant de nombreuses années et ne pouvaient encore moins accéder à leur nourriture habituelle. Si l'on ajoute la barrière de la langue et l'image négative des japonais dans le monde après la seconde guerre mondiale on arrive à un tableau assez proche de l'environnement dans lequel ils ont vécu.

    Ajoutons à cela que les élèves de cette époque ne pratiquaient pas les arts martiaux comme des loisirs mais beaucoup plus intensément, voire brutalement qu'aujourd'hui. Et ils "testaient" souvent les nouveaux venus. Ceux qui avaient une expérience venaient de la boxe ou de la lutte. Si l'on considère en plus que leur gabarit étaient nettement supérieur à celui de la plupart des senseïs on a à peu près une image claire des obstacles que ces derniers rencontrèrent.

    Mais toutes ces difficultés furent sans doute des chances. Elles permirent à ces "missionaires" d'affiner leur art, les obligèrent à se confronter à la réalité. En ce sens elles ont sans doute été un moteur dont n'ont pu profiter leurs condisciples restés au Japon dans un pays qui n'aspirait alors plus qu'à la paix.

    Les senseïs expatriés ont vécu comme les célèbres adeptes du passé une sorte de musha shugyo, ce voyage initiatique qu'entreprenaient les guerriers désireux de se perfectionner au cours duquel ils allaient de dojos en dojos, défiant les adeptes qu'ils rencontraient afin de forger leur art.

    Aujourd'hui certains de ces jeunes senseïs ont disparu mais les autres sont au sommet de leur discipline et ont des milliers d'élèves. Ils ont eu le courage et la chance de donner vie aux rêves des fondateurs de leurs voies. Ils ont affiné leur art à un niveau qu'ils n'auraient sans doute pas atteint s'ils n'avaient rencontré autant de difficultés…


Par Léo Tamaki - Publié dans : Budo
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