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Karaté

Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /2007 15:30

            Depuis mes débuts dans les arts martiaux j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs géants. Tamura senseï en Aïkido, Kuroda senseï du Shinbukan, Matsui senseï du Kyokushinkaï ou Okamoto senseï du Daïto ryu entre autres m’ont ébloui, effrayé ou enthousiasmé, parfois tout cela en même temps. Je voudrais vous raconter aujourd’hui la journée où je vis se croiser deux légendes des arts martiaux, Hirokazu Kanazawa et Andy Hug.

 


Hirokazu Kanazawa tobi geri


Andy Hug contre Ernesto Hoost



Un café à la mode

 

            Lorsque je vivais de façon permanente à Tokyo j’ai travaillé pendant plusieurs années à Harajuku dans un café brasserie très célèbre qui s’appelait « Aux Bacchanales ». Les « Bacchanales » sont à présent une chaîne prospère dont les établissements ont gardé le concept original, un décor de café brasserie typique où les serveurs passent les commandes en français. Le premier « Bacchanales » où se passe cette histoire a aujourd’hui disparu suite à la destruction de l’imeuble qui l’abritait. Mais à l’époque de ce jour qui marqua si fortement ma mémoire il était encore le rendez-vous du Tokyo branché et des célébrités. Jacques Villeneuve y cotoyait Jacky Chan et le Mime Marceau tandis que les clients n’hésitaient pas à attendre une heure juste pour y boire un café.

 


"Aux Bacchanales" Harajuku


Andy Hug

 

            Andy Hug fut l’un des premiers et sans doute le plus grand champion du K1, le plus important circuit de combats de boxe pieds-poings de la planête. Il combattait à l’âge d’or de cette compétition qui voyait s’affronter Peter Aerts, Ernesto Hoost et autres champions légendaires.



Kakato geri d'Andy Hug, l'un de ses coups favoris


K-1, une affluence et des audiences phénoménales...

 


            Présent sur tous les plateaux de télévision, multipliant les campagnes de publicités nationales il était une star adulée à l’égal des acteurs ou chanteurs les plus populaires et aucun combattant du K1 depuis ne connu la popularité dont il jouissait. Il mourut le 24 août 2000 à l’âge de 34 ans d’une leucémie foudroyante.


Andy Hug...


Le décès d’Andy Hug fit la une des journaux télévisés et de la presse écrite, les émissions spéciales lui étant dédiées se multiplièrent en prime time et plus de 12 000 fans lui rendirent hommage lors de son enterrement au Japon.

 

Hirokazu Kanazawa


            Kanazawa Hirokazu est sans doute le maître de Karaté le plus célèbre à l’heure actuelle. Champion mythique il gagna le premier championnat de Karaté en catégories kumité (combat) et kata (formes)… avec une main fracturée !



Hirokazu Kanazawa

 

            Combattant fabuleux et chercheur inlassable il est l’un des principaux artisans du développement du Shotokan dans le monde. Après avoir été l’ambassadeur charismatique de la JKA (Japan Karaté Association) il fonde sa propre organisation, SKIF (Shotokan Karaté International Federation).



Kanazawa devant le Fujisan

 


            Kanazawa senseï est l’auteur de plusieurs livres et vidéos qui font autorité dans le monde du Karaté. Son efficacité en combat et ses recherches approfondies sur l’essence et les origines de son art ont fait de lui une légende vivante.


Empi uchi


Un vieil homme tranquille

 

            La matinée se terminait comme chaque jour aux « Bacchanales » avec la fin de la mise en place de la partie restaurant pendant que les garçons servaient les clients venus prendre un café ou un petit déjeuner.

            J’échangeais quelques mots avec un collègue lorsque pour une raison inconnue je me retournai. Je le reconnus au premier coup d’œil. Kanazawa senseï, la légende vivante du Karaté venait d’entrer dans aux « Bacchanales ».



Kanazawa senseï enseignant un kata


            Je n’avais jamais pratiqué sous la direction de Kanazawa senseï. Ses livres avaient toujours été mes références lorsque je pratiquai le Shotokan en France, mais arrivé au Japon j’avais décidé d’étudier un nouveau style et je pratiquais le Karaté Kyokushinkaï en parallèle de l’Aïkido.

            Kanazawa senseï marchait d’un pas calme mais décidé et s’assit dans un angle de l’établissement. Quelques minutes plus tard il fut rejoint par une jeune femme élégante. Ils commandèrent deux cafés, discutèrent pendant une heure puis repartirent chacun de leur côté sans que quiconque à part moi leur ait prété la moindre attention.

 

Un fauve au repos

 

            Pendant que le vieil homme et la jeune femme conversaient Andy Hug arriva aux « Bacchanales ». De taille moyenne, un mètre soixante dix-huit, il était pourtant extrèmement imposant avec ses cent six kilos de muscles secs. Il était accompagné d’un de ses sparring partners, un géant noir qui le dépassait de plus d’une tête et ressemblait à une montagne.

            Ils s’installèrent au milieu du café et passèrent commande. Client régulier le champion prenait toujours la même chose, deux grands steaks, de la salade et un litre et demi de jus d’orange frais.



Andy Hug en combat


            Centre de l’attention Andy Hug se prêta gentiment aux autographes et photos souvenirs. Après avoir englouti son déjeuner il repartit avec son partenaire sous les regards admiratifs des serveurs et des clients.

 

Le maître et l’athlète

 

            Ces deux heures où deux des personnalités des arts martiaux que j’appréciai le plus se croisèrent au « Bacchanales » resteront les plus profondément gravées de tout le temps que je passais à y travailler. J’avais reçu un enseignement inespéré sur la différence entre les Budo et les Kakutogi...

            Jusqu’à ce jour j’avais inconsciemment considéré que Andy Hug était un Hirokazu Kanazawa en devenir. Mais les voir à quelques mètres l’un de l’autre me fit comprendre qu’ils étaient séparés par plus que quelques années.

            J’avais observé ces deux monstres sacrés de leur entrée à leur sortie, m’était arrangé pour les servir et avait échangé quelques mots avec eux. Et la différence de conception qu’ils représentaient me sauta aux yeux.

 

            Andy Hug était un compétiteur né. Sa rage de vaincre et une volonté farouche lui avaient permis de se forger un physique exceptionnel et une technique brillante. Son existence était entièrement tournée vers la victoire et il avait franchi tous les obstacles qui se dressaient devant lui. C’étailt l’athlète de sports de combats par excellence.



Andy Hug, un athlète hors du commun


            Hirokazu Kanazawa fut aussi un grand compétiteur. Mais il était né avant la seconde guerre mondiale. Beaucoup de ses instructeurs avaient fait la guerre et lutté pour leur vie. Ils lui avaient enseigné un Budo, une Voie martiale où la défaite signifie la mort et où il n’y a pas de match revanche. Une pratique où la vigilance est permanente et ne se limite pas à quelques rounds sur un ring. Une vision de la vie où la compétition n’est qu’un outil de progression et non une finalité…

 


Hirokazu Kanazawa, un maître de Budo légendaire


 

Le combattant et le guerrier

 

            Chaque geste de Hug respirait la puissance. Ses mouvement étaient amples et souples et l’on sentait sa musculature imposante derrière chacun d’eux. Ceux de Kanazawa étaient mesurés et élégant. Fluides et relachés ils naissaient tous du hara.

            Le pas de Hug était aussi lourd et vigoureux que celui de Kanazawa léger et précis.

            Hug était le mâle alpha, dominant la salle, au centre de tous les regards… vulnérable à n’importe quelle attaque surprise. Kanazawa dans une attitude de vigilance sereine avait lui choisi la seule place des « Bacchanales » d’où il pouvait embrasser toute la salle d’un regard et où personne ne pouvait l’approcher sans être vu…

 


Kanazawa


            Peut-être que seules quelques décennies séparaient ces deux monstres sacrés. Peut-être que Kanazawa était un combattant assoiffé de victoires et qu’il ne changea qu’avec les années. Peut-être que Hug aurait rencontré celui qui lui aurait ouvert une autre dimension plus profonde qui aurait enrichi sa pratique s’il n’avait pas disparu prématurément. Kanazawa senseï peut-être ?… Il avait sans aucun doute le potentiel d’un maître.

 


Hug


            Peut-être. Mais je vois surtout en eux le produit symptomatique de deux époques aux conceptions très différentes des arts martiaux. Et je ne peux m’empêcher de regretter le lent glissement des voies martiales vers des pratiques compétitives où la formation de l’homme n’a plus sa place…



Quelques liens:

Andy Hug

Montage de combats

Montage sur sa vie et ses combats

Un autre montage de combats

Hirokazu Kanazawa

Magnifique kumite

Démonstration

Le site officiel de sa fédération


Par Léo Tamaki - Publié dans : Karaté
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /2009 00:01
Si la plupart des pratiquants connaissent le nom de Ueshiba Moriheï ou Funakoshi Gichin, bien moins nombreux sont ceux qui connaissent le nom de leurs successeurs et le rôle majeur qu'ils eurent dans le développement de leur discipline. Sans eux pourtant, les arts fondés par leurs prédécesseurs seraient sans doute tombés dans l'oubli. Dragon vous présente aujourd'hui Nakayama Masatoshi, successeur de maître Funakoshi et père du Karaté contemporain.




Une enfance martiale
Nakayama Masatoshi naît en 1913 dans une famille de samouraïs qui enseignait le kenjutsu dans le clan Sanada. Nakayama Naomichi, son grand-père, était chirurgien et fut le dernier à enseigner le sabre. Son fils, Naotoshi, père de Masayoshi, pratiquant de Judo, était médecin militaire.
Masatoshi suivit son père dans ses affectations et passa une partie de son enfance à Taiwan. Dans son enfance il pratiquera le Kendo mais aussi activement les sports tels que le ski, la natation, le tennis et l'athlétisme. Alors que son père espère que celui-ci suivra la tradition familiale en devenant médecin à son tour, Nakayama ne pense qu'à étudier et visiter la Chine. A l'insu de son père il passe donc le concours de l'université de Takushoku dont sont issus la plupart des étudiants qui partent à l'étranger.
1932, Masatoshi débute ses études à Takushoku. Décidé à continuer sa pratique du Kendo il se rend au club universitaire. Suite à une erreur il arrive au dojo durant un entraînement de Karaté. Intrigué par ce qu'il voit il décide de faire un cours d'essai. Il ne cessera plus de pratiquer jusqu'à sa mort.

Les années de formation

A l'époque maître Funakoshi enseigne encore activement, assisté par son fils Yoshitaka. L'entraînement est intense. Il consiste en répétitions inlassables des katas et milliers de frappes au makiwara. Après six mois il ne reste que cinq ou six élèves sur soixante inscrits. C'est à cette époque que Funakoshi senseï développe le travail des ippon et sanbon kumite, enchaînements d'attaques et contre-attaques effectués à deux.
Nakayama et les élèves des premières générations avaient presque tous été des pratiquants de Kendo et/ou de Judo. Ils inclurent donc naturellement l'esprit de leurs anciennes pratiques et leurs méthodes aux techniques du nouvel art qu'ils étudiaient et commencèrent peu à peu à pratiquer le combat libre.
Nakayama pratiquera le Karaté cinq heures par jour pendant ses études universitaires. Dans le même temps il poursuivra avec succès ses études de langue et civilisation chinoise. Il passera plusieurs mois en Chine en 1933 et s'installera à Pékin pour terminer ses études en 1937. Il travaillera ensuite pour le gouvernement chinois et ne retournera finalement au Japon qu'en 1946. Pendant les dix années qu'il aura passées en Chine Nakayama senseï aura continué à enseigner et pratiquer le Karaté mais se sera aussi intéressé aux disciplines chinoises. Il pratiqua notamment les styles du Nord, spécialisés dans les techniques de jambes, avec un certain sifu Paï.

A son retour Nakayama découvrira un Japon en ruines. Beaucoup de ses camarades sont morts et le Shotokan n'a plus de dojo. Nakayama deviendra dès lors le principal moteur du développement du Karaté. Il réorganisera la reprise des cours et participera activement à la création de la Japan Karaté Association en 1949 (JKA, en japonais Zen Nihon Karate Kyokaï, ZNK). A l'époque Funakoshi a déjà 81 ans. S'il est l'instructeur en chef de la nouvelle organisation, il s'agit surtout d'un titre honoraire et c'est Nakayama qui occupe en réalité le poste. C'est aussi lui qui lui succèdera officiellement à ce poste, charge qu'il occupera jusqu'à sa mort.




L'esprit du guerrier

En plus d'être un budoka hors pair Nakayama a toute sa vie été un sportif accompli. Moniteur de ski il est surpris par une avalanche en 1971. Il a 58 ans. Il réussit à mettre tous ses élèves à l'abri mais fini emporté. Après l'avoir retrouvé les secours l'emmènent à l'hôpital où on ne lui donne plus que quelques jours à vivre et sa famille est appelé à son chevet. Mais maître Nakayama n'abandonnera pas. Quatre mois plus tard il quittera l'hôpital et reprendra l'entraînement après avoir déjoué le pronostic des médecins. Il rappellera toujours que c'est le Karaté qui lui donna en cette occasion la force physique et mentale de lutter.

L'un des principaux élèves de Funakoshi senseï

Sa vie durant Nakayama senseï fut l'un des plus proches élèves de maître Funakoshi, l'assistant dans ses démonstrations, l'enseignement et l'élaboration du Shotokan. Il l'accompagnera notamment lorsqu'il allait rendre visite à Mabuni Kenwa, fondateur du Shito-ryu et véritable encyclopédie du Karaté. C'est ainsi qu'il étudia avec son maître les katas Nijushi-ho et Gojushi-ho qu'ils modifièrent ensuite ensemble afin de les incorporer au Shotokan. Avec l'accord de Funakoshi senseï il introduira aussi de nouvelles techniques de jambes inspirées par sa pratique avec sifu Paï, haisoku uke, taisoku uke et ura mawashi geri.




Faire entrer le Karaté dans l'ère moderne

A son retour au Japon Nakayama deviendra l'entraîneur du club de Karaté de l'université de Takushoku. Il sera ensuite membre du département d'éducation physique en 1952 et finira par en devenir le directeur. Durant toute sa vie Nakayama alliera une pratique traditionnelle à un enseignement moderne. Il réussira le paradoxe de concilier un esprit authentiquement martial à des méthodes d'entraînement issues des sciences du sport. C'est ainsi qu'il créera les compétitions de Karaté et les programmes d'instructeurs de la JKA qui formeront les cadres qui développèrent le Karaté dans le monde entier.

Dans les années 30 s'était développé le kokan geiko, échange de pratique. Ces rencontres destinées à créer des liens entre les différents clubs de Karaté eurent tôt fait de se transformer en séries de combats. Les jeunes étudiants au sang chaud confrontaient alors leurs techniques dans des combats sans règles où seule la courtoisie excluait les frappes aux cibles vitales. Les blessures étaient nombreuses et les combats ne duraient généralement que quelques dizaines de secondes. Nakayama n'oubliera pas ces scènes sanglantes. Après la fin de la seconde guerre mondiale alors que les combats reprenaient de plus belle il sera très concerné par les nombreux blessés qui en résultaient.
D'une part Nakayama pensait que le combat était essentiel à la pratique martiale, d'autre part il savait que l'absence de règles transformerait le Karaté en pratique violente. Il savait aussi que l'attrait de la confrontation chez les jeunes gens était inévitable. Il pensait que si les katas développaient la technique, seul le combat pouvait développer la confiance en soi et la maîtrise du maaï (notion d'intervalle incluant à la fois la distance et le temps).
Considérant le combat dangereux mais indispensable il explora diverses voies, de l'utilisation de protections à l'essai de nombreuses règles.  Il développa finalement les règles du combat au sun dome. Bien appliquées ces règles permirent pendant de nombreuses années le développement de compétitions de haut niveau où des maîtres légendaires tels que Kanazawa, Enoeda ou Shiraï brillèrent.




Le système de compétition inventé par maître Nakayama eut un apport considérable dans la diffusion du Karaté. Les premiers championnats remportés par Kanazawa Hirokazu eurent un succès considérable. L'empereur actuel assistera d'ailleurs aux 5ème championnats du Japon de Karaté en 1961.
Malheureusement comme tous les systèmes de compétitions il devait peu à peu développer certains travers. Si au départ le niveau des participants et arbitres garantissait une application réaliste des techniques de combat malgré l'absence de contact, la démocratisation du système devait donner lieu à d'inéluctables dérives. Problèmes dont Nakayama lui-même était conscient puisqu'il rappellera régulièrement que seules les techniques puissantes et décisives qui auraient mis l'adversaire en état d'incapacité s'il y avait eu contact devaient être comptabilisées. Malheureusement les compétitions devaient peu à peu ressembler à des assauts d'escrime sportive où les techniques superficielles qu'il rejetait apporteraient trop souvent la victoire.
Finalement, comme Funakoshi en Judo, Nakayama se rendit compte que le niveau technique baissait à mesure que les pratiquants se concentraient sur la victoire en compétitions. Il se demandera jusqu'à la fin de sa vie si l'introduction de compétitions était compatible avec l'éthique de l'art qu'il reçut de Funakoshi senseï.

L'héritage de Nakayama senseï

S'il ne fait aucun doute que le Karaté s'est en premier lieu développé grâce aux efforts de maître Funakoshi, c'est à Nakayama senseï que son style doit son développement actuel et il est véritablement le père du Karaté contemporain. S'il s'est surtout consacré au développement du Shotokan, son travail a profité à l'ensemble du Karaté. A sa mort la JKA comptera plus de dix millions de membres dans 155 pays et le Karaté sera devenu l'une des disciplines les plus pratiquées au monde.

L'héritage de Nakayama ne se situe pas uniquement au niveau quantitatif. Il n'aura eu de cesse de développer tous les aspects du Karaté, de la méthode de self-défense au sport de compétition en passant par la voie de développement personnel. S'il fut indéniablement un moderniste en étant l'un des premiers à intégrer les méthodes d'entraînement modernes inspirées par les connaissances scientifiques, il restera un traditionaliste dans l'âme, ne transigeant jamais sur l'esprit qui devait guider la pratique, insistant notamment sur la modestie et l'harmonie et la fameuse maxime "Karate ni sente nashi", il n'y a pas de première attaque en Karaté. Il rappellera inlassablement que le Karaté est une discipline visant non pas à dépasser les autres mais à se surpasser soi-même.
Techniquement il transmettra un Karaté rigoureux en insistant sur l'égale importance à apporter aux trois fondements de la pratique, kihon, kata et kumite dont l'unité est l'essence du Karaté.

Nakayama Masatoshi, 10ème dan, mourra le 14 avril 1987 à l'âge de 74 ans. Sa vie durant il transmit inlassablement le Karaté. Il enseigna, réalisa plusieurs vidéos, écrivit plus de vingt livres et voyagea dans le monde entier pour développer la discipline à laquelle il s'était consacré corps et âme.
Ses vidéos et ses ouvrages "Dynamic Karate" et "Best Karate" sont encore à ce jour parmi les bibles du Shotokan.




L'esprit de Nakayama senseï

Voici quelques citations issues de l'enseignement de maître Nakayama qui résument l'esprit de sa pratique.

"Etre un vrai maître consiste à comprendre l'âme du Karaté-do en tant que Voie martiale."


"En Karaté la puissance de tout le corps est concentrée dans une partie telle que le poing ou le pied afin de libérer une incroyable puissance destructrice en un instant. C'est pourquoi il est dit: "Considérez vos poings et vos pieds comme des sabres." En compétition le poing ou le pied de l'attaquant est normalement dirigé à quelques centimètres de la cible sur le corps de l'adversaire afin de ne pas le blesser."

"C'est en raison de cette puissance destructrice qu'est né le proverbe suivant: "Il n'y a pas d'attaque initiale en Karaté." Cet esprit est véhiculé par les katas, cœur de la pratique du Karaté-do."

"A la base de l'esprit du Karaté se trouve le désir d'harmonie entre les hommes. Une telle harmonie est fondée sur la courtoisie et on dit d'ailleurs que les Voies martiales japonaises débutent et se terminent avec courtoisie. C'est le cas du Karaté-do."

"Maître Funakoshi a réuni et systématisé les katas de ses prédécesseurs en 15 formes pour la pratique. L'une d'elles, Kanku, symbolise le désir d'harmonie, l'âme du Karaté-Do. Contrairement à tous les autres enchaînements celui-ci commence par un geste sans rapport avec une défense ou une attaque. Les mains jointes, paumes vers l'extérieur, le pratiquant observe le ciel à travers le triangle formé par ses mains. C'est l'expression d'une union avec la nature, de la tranquillité et du désir d'harmonie. Le pratiquant de Karaté doit toujours être modeste, courtois, et chercher l'harmonie. Le Karaté est véritablement l'art des hommes de vertu."




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DVD, la bible du Shotokan

En 1985 la JKA présente une série de 11 vidéos détaillant les katas du Shotokan démontrés par Nakayama senseï assisté des meilleurs instructeurs de l'époque, Osaka, Imura, Yahara et Tanaka. Ces films légendaires sont enfin réédités sous la forme de 5 DVD au son et à l'image restaurés. Chaque volume dure plus d'une heure et est précédé d'un exposé historique réalisé par l'historien du Shotokan, Harry Cook, illustré de rares films et images d'archives.


Par Tamaki - Publié dans : Karaté
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